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[maj] ''Infrastructure de mutualisation'' : ou comment vous êtes tous épiés sans le savoir Par adrien_s, le 04 Juillet 2013 21:43:45

Tags : newsinternetviePrivéeespionnageBigBrothergroumpf


Edward Snowden n'a pas fait que mettre à jour de la merde aux US.

Apparemment, la France a exactement le même genre de chose (c'est DGSE son p'tit nom).

Mais le nôtre est pire, parce qu'il n'a aucun cadre légal, et en plus c'est bien nous, citoyens français qui sommes épiés, et pas les étrangers.

Etant donné que c'est censé "aider la lutte anti-terroriste", cela veut donc dire que l'Etat français lui-même considère tous les citoyens sans exception comme des terroristes.

Il est beau, le pays de la liberté, égalité, fraternité. Le pays des "droits de l'homme". Là on comprend tout de suite mieux pourquoi Hollande (pardon: Monsieur) a refusé la demande d'asile d'un homme qui a tout de même foutu toute sa vie en l'air pour prévenir les gens de ce qu'il se passe dans leur dos.

Et là, c'est toutes les communications électroniques qui sont visées (téléphone, e-mails, etc).

Leur but étant de pouvoir retracer toute l'historique de la vie d'une personne.
Rien que ça.

Intimité, ça ne vous dit rien ? Bande de merdes.

Au fait, la DCRI ça ne vous rappelle rien ? Mais si, celle qui a voulu mettre en prison un pauvre contributeur de wikipédia pour avoir "aidé" à maintenir une page sur eux sur l'encyclopédie libre...

J'ai presque honte d'être français, là.

Mise à jour (08/07/2013) : Apparemment, les services de renseignement collecte de données personnelles des pays occidentaux (donc la DGSE pour nous) sont connectés avec la NSA, qui coordonne le tout...
C'est de pire en pire.
Et encore, Edward Snowden n'a pas encore révélé tous les documents qu'il possède !
Je crains le pire...

Sources :
Numerama.com - La France a aussi son PRISM pour espionner les communications
PC INpact - Infrastructure de mutualisation, le programme Prism à la française
PC INpact - Snowden : la NSA est « de mèche » avec la plupart des pays occidentaux


Why not FB — Quelles sont les raisons qui peuvent pousser à ne pas utiliser Facebook (ou à supprimer son compte) Par adrien_s, le 16 Décembre 2013 10:39:47

Tags : internetviePrivéeBigBrotherfacebook


Salut à tous : )

Ce qui va suivre est un dossier qui a été écrit par Wildfier et Shinsaru (des amis à moi).
À l'origine, ils devaient dans le cadre d'un exercice créer une page facebook mais comme ils ne s'en servent pas, l'exercice est devenu :

« Écrivez un dossier sur le sujet : "Pourquoi je n'utilise pas Facebook". »

Je vous le recopie ici car je trouve que c'est intéressant et que ça reflète assez mon avis sur le sujet.

Bonne lecture : )


Ecrit le 06/12/2013 par Wildfier et Shinsaru

Mis en forme pour Markdown et corrigé par adrien_s

Si c'est gratuit, c'est vous le produit

ou

Pourquoi non à Facebook

Introduction

Suite à notre relatif échec à un exercice consistant à créer une page Facebook et à obtenir le plus de j'aime possible, nous avons eu l'occasion de nous interroger et de nous expliquer sur la cause de cet échec : pourquoi nous n'aimons et n'utilisons pas Facebook. Ce dossier va essayer de répondre à cette question en présentant tout d'abord ce qu'est Facebook et comment le site fonctionne, quels problèmes il pose, particulièrement en matière de vie privée.

I. Qu'est ce que Facebook ?

Facebook est un site Web de réseautage social permettant de publier des informations (photographies, liens, textes, etc.) en contrôlant leur visibilité par différentes catégories de personnes. L'utilisateur cède à Facebook des droits de réutilisation sur toutes les données qu'il publie. Les pages et groupes visant à faire connaitre des institutions, des entreprises ou des causes, peuvent être consultés par n'importe quel internaute, mais les noms des membres sont occultés. Il est controversé en raison d'atteintes alléguées à la vie privée.

Facebook réalise en 2012 une introduction en bourse originale, réduisant à 1 % les commissions versées aux banques et obtenant une valorisation de 104 milliards de dollars.

En octobre 2012, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, annonce que le site regroupe plus d'un milliard de membres actifs. Selon Alexa Internet, c'est en août 2013 le deuxième site le plus visité au monde après Google.

Le réseautage social se rapporte à l'ensemble des moyens mis en œuvre pour relier des personnes physiques ou morales entre elles. Avec l'apparition d'Internet, il recouvre les applications Web connues sous le nom de service de réseautage social en ligne. Ces applications ont de multiples objectifs et vocations. Elles servent à constituer un réseau social en reliant des amis, des associés, et plus généralement des individus employant ensemble une variété d'outils dans le but de faciliter, par exemple, la gestion des carrières professionnelles, la distribution et la visibilité artistique ou encore les rencontres privées.

1. Principe de base

Comme application de réseau social, Facebook permet à ses utilisateurs d'entrer des informations personnelles et d'interagir avec d'autres utilisateurs. Les informations susceptibles d'être mises à la disposition du réseau concernent l'état civil, les études et les centres d'intérêt. Ces informations permettent de retrouver des utilisateurs partageant les mêmes intérêts. Ces derniers peuvent former des groupes et y inviter d'autres personnes. Les interactions entre membres incluent le partage de correspondance et de documents multimédias. Un principe également retrouvé sur d'autres réseaux sociaux, généralistes comme Orkut ou s'adressant au monde des affaires comme Viadeo.

2. Evolution

Facebook est né à l'université de Harvard : c'était à l'origine un réseau social réservé aux étudiants de cette université, avant de devenir accessible aux autres universités américaines. La vérification de la provenance de l'utilisateur se faisait alors par une vérification de l'adresse électronique de l'étudiant.

Depuis 2006, le site s'est petit à petit ouvert et tout le monde est désormais libre de s'y inscrire. Des investisseurs privés l'ont financé et le site arrive à entrer en bourse. Durant toute son évolution, la politique de Facebook a progressivement évoluée vers le tout public.

3. Modèle économique

Facebook est un réseau social et ses utilisateurs l’utilisent pour beaucoup de choses (communiquer, créer des événements, partager des photos, etc.), mais certainement pas dans un comportement incluant une intention d’achat.

Sans même rentrer dans la psychologie du consommateur, on ne peut que constater les limites du système de publicité proposé par Facebook Ads. Des annonces déjà microscopiques et encore limitées dernièrement (texte de moins de 90 caractères, image de 100×72 pixel), et qui plus est camouflées dans la sidebar, bien loin de l’objet d’attention du consommateur : la timeline.

Mais voilà, depuis l’introduction en bourse de Facebook, cette stratégie de monétisation s’est accélérée... Pourquoi ? Tout simplement parce que Facebook est avant tout une entreprise, et maintenant une entreprise qui a des investisseurs à satisfaire. Nous pensons que beaucoup de gens oublient cet aspect et dénigrent de manière trop directe la stratégie adoptée par Facebook.

Facebook utilise vos données personnelles comme monnaie d'échange, car tout ça a un prix. Les systèmes centralisés coûtent chers (c’est pour ça que le minitel s’est fait supplanter par Internet). Facebook vient de créer sa monnaie virtuelle, il s’agit en fait d’une toute petite partie de l'énorme monnaie d’échange que constitue votre profilage, vos données. Vous savez à quel point il s’agit d’une source que les publicitaires (et les gouvernements) sont prêts à s’arracher.

II. Quels problèmes pose Facebook ?

La place actuelle de Facebook dans notre société pose un grand nombre de problèmes :

1. CGU

Commençons pas les Conditions Générales d'Utilisation (CGU) de Facebook qui sont pour le moins draconiennes. En vous inscrivant sur le site vous acceptez :

  • De céder la propriété de tout ce que vous postez sur le site à Facebook ;
  • D'être traqué sur d'autres sites ;
  • Que toutes vos informations soient partagées avec d'autres services ;
  • De ne pas utiliser de pseudo et que tout ce que vous mettez en ligne soit vrai ;

Ces termes permettent à Facebook d'exploiter de manière illimitée vos données. Vous leur en avez cédé la propriété, donc elles leurs appartiennent. De plus le site est capable de continuer à engranger des données sur vous par l'intermédiaire d'autres sites à la manière de Google. Ne soyez donc pas surpris si vous vous retrouver sur une publicité parce qu'un de vos amis a posté une photo de vous qui a particulièrement plu à un publicitaire.

Bien sûr, le dernier point n'est pas toujours respecté. Cependant, l'idée est bien que vous êtes censé donner des informations sur vous pour qu'elles puissent être vendues. Car lorsque vous donnez des informations à Facebook vous leurs fournissez de la matière première à vendre. Vous travaillez donc bénévolement pour Facebook.

2. Désociabilisation par abus

Le réseau désociabilise, puisque les utilisateurs de Facebook y deviennent si addicts qu'ils ne conçoivent plus de correspondance en dehors de ce dernier. Le problème, c’est l’efficacité réelle d’un tel site social. C’est très bien d’aller regarder ce que font les gens, de les voir dans des situations ridicules, de se moquer de leurs goûts douteux ou de se demander qui est vraiment leur ami. C’est très bien d’échanger instantanément des vidéos, des liens de chatons et le nouveau tube de Kylie avec ses copines. Mais après des heures à rire tout seul derrière son écran, on se dit qu’on aurait quand même préféré discuter avec Pierre par VoIP ou aller boire un verre avec Paul au café d’à côté. Ou encore inviter Jacques à manger ce couscous dont personne ne comprend la recette. Être sur Facebook, c’est être comme les vieilles dames qui passent leur temps à la fenêtre à épier les autres car cela fait longtemps qu'il ne se passe plus rien dans leur vie. Spammer les gens avec ses photos et passer son temps à mettre son profil à jour, c’est encore plus effrayant : c’est comme passer son temps avec un faux micro devant la glace à avoir l’air cool en chanteuse-à-succès-que-tout-le-monde-adule-alors-que-personne-n'y-croyait-même-pas-sa-mère.

3. Réseau tentaculaire centralisé

Facebook devient bien la pieuvre hyper-tentaculaire du Web : avec son nouveau système d’authentification et sa nouvelle fonction de recommandation, vous serez connectés à Facebook à chaque fois que vous allez sur un site lié. Vous êtes peut-être familiers avec la notion de cookies, ces fichiers qui permettent de vous identifier et d’y associer des informations, vous comprenez à quel point Facebook à mis en place un système de « cookies » très performant et très intrusif.

Les sites que vous visitez en sauront beaucoup plus sur vous (même si vous n’avez pas accordé à ces sites l’accès à vos informations, il suffit de les avoir donné à Facebook) car vous serez automatiquement identifié via votre identité Facebook, qui devient ainsi le point de contrôle de toute votre identité virtuelle. Parallèlement, vos actions sur ces sites sont envoyées à Facebook pour alimenter les données vous concernant et donc améliorer votre profilage. De même, le peu de contrôle que vous aviez sur les applications Facebook vient d’être encore diminué.

4. Pouvoir accordé à une entité privée

Le Web est un hyper-média sur Internet. Le schéma d’Internet doit s’appliquer aussi au Web. Rien techniquement ne justifie que l’on centralise d’une telle manière le Web et qu’on le réduise à Facebook (comme montré dans la partie précédente) . Le faire, c’est donner un immense pouvoir à une seule instance de contrôle, sur laquelle vous n’avez en tant qu’utilisateur aucun droit. Vous ne votez pas. Ceux qui votent, ce sont les actionnaires, et si l’on en croit une enquête du Guardian ce ne sont pas de simples boursicoteux. Il y a là une arrière-pensée techno-politique.

La CIA a été actionnaire de Facebook : il s'agit en effet d'un merveilleux moyen de savoir ce que tous les citoyens pensent. Pour faire une comparaison volontairement choquante, la STASI avait infiltré 10 % de la population d'Allemagne de l'Est alors que Facebook atteint par exemple 88 % de la population de l'Islande. Sans compter que le rythme auquel les informations sont déposées sur Facebook est bien plus grand que ce que pouvaient faire les agents de la STASI.

Or que veut dire contrôle, dans un système d’hyper-média comme le Web ? Ça veut dire que la possibilité de censure s’exerce non seulement à l’intérieur du réseau, mais aussi à l’extérieur, puisque c’est Facebook qui, telle une pieuvre hyper-tentaculaire, tire toutes les ficelles. Nous parlons de censure, vous pensez que le mot est fort ? Il ne l’est pas. WikiLeaks par exemple, un site Web qui combat la censure et défend la liberté de la presse s'est vu supprimer sa page Facebook :

WikiLeaks Facebook page deleted together with 30,000 fans... boiler plate response includes ... promotes illegal acts ...

WikiLeaks - Twitter

De plus comme Google, Facebook songe à se proposer comme Fournisseur d'Accès à Internet. Ces deux géant du Web seraient plus que des FAI et il serait totalement utopique de croire que leurs intérêts premiers soient compatibles avec la neutralité du net que sont censés respecter les FAI. On a déjà assisté à la censure des publicités en provenance de Google par Free à cause de leur différent à propos de Youtube notamment, l'hyper-centralisation du Web déjà opérée par Facebook serait encore plus grande, et leur contrôle sur le média qu'est Internet serait presque absolu.

Nous y reviendrons dans la troisième partie qui est centrée sur la notion de vie privée mais si vous doutez encore de l'immense pouvoir que représente la possession et le contrôle de la moindre de vos données personnelles, lisez juste cette citation :

A partir d'une carte de crédit Visa, il est possible de prévoir un divorce un an avant que vous ne le sachiez vous même et cela uniquement en regardant vos habitudes d'achat. Alors imaginez ce que Google ou Facebook peuvent savoir sur vous. Si on vous diagnostique une maladie grave, la première personne à le savoir, ce n'est ni vos parents, ni vos amis proches, ni vos enfants, votre maris ou votre femme, c'est Google.

Rick Falkvinge - Fondateur du Parti Pirate Suédois

5. Soutien des dictatures

Avec l'énorme pouvoir doné à Facebook, il fallait s'attendre à ce que cela tourne mal. Il y a quelques temps, un groupe promouvant la séparation de l’Église et de l’État au Maroc a été supprimé, tout comme fut supprimé le compte du créateur du groupe. Cela est inévitable. Toute système aussi centralisé et contrôlé que Facebook aboutira inévitablement à de la censure. Internet a été conçu de manière décentralisée en partie dans cet objectif d'empêcher un quelconque contrôle de la part d'une entité unique.

Un autre exemple : l'Azerbaïdjan, pays classé 162ème sur 179 sur la liberté de la presse accueille en 2012 le Forum sur la Gouvernance de l'Internet des Nations Unies. L'idée étant de montrer que le pays respecte la liberté d'expression en disant que tout le monde peut accéder à l'Internet - et plus particulièrement Facebook - librement. Ce qui est évidemment éludé, c'est le fait que mettre quoi que ce soit en ligne qui déplait aux dirigeants, c'est s'exposer au risque d'être repéré et arrêté. On l'a bien vu lors du Printemps Arabe. Facebook livrait des informations aux dictateurs, et malgré l'image de formidable support de la révolution que le site s'est donné, il n'a fait qu'aider les tyrans pour l'argent. Il ne faut pas croire que Facebook a aidé la révolution. Le véritable support de celle-ci est Internet et plus particulièrement les messages chiffrés circulant dessus, mais surtout pas un site web tel que Facebook.

Dans un registre de régime plus démocratique, Facebook a surtout été un instrument de promotion de la campagne d'Obama et rien n'indique qu'il n'est pas à ce titre utilisé à fins de propagande pour la promotion des intérêts des États-Unis, ce qui en ferait le pire instrument de manipulation jamais conçu.

III. La fin de la vie privée

Parmi les problème posés par Facebook, un en particulier mérite une partie à part entière. En effet menacer la vie privée implique bien des choses. Mais tout d'abord définissons un peu ce concept :

La vie privée est la capacité, pour une personne ou pour un groupe, de s'isoler afin de se recentrer sur sa vie et de protéger ses intérêts. Les limites de la vie privée ainsi que ce qui est considéré comme privé diffèrent selon les groupes, les cultures et les individus, bien qu'il existe toujours un certain tronc commun. On peut rapprocher ce concept dans notre cas d'étude de celui de l'intimité. On n'est pas intime avec une personne de la même manière qu'avec une autre et même pour une même personne selon le sujet. Il s'agit vraiment de centrer la partie diffusion des informations et ciblage de celles-ci.

La vie privée est également une notion impliquant celle de « respect de la vie privée » qui fait partie des notions plus générales de propriété privée et de bonnes mœurs.

La distinction est très ancienne puisque Aristote faisait la distinction entre la sphère publique polis et la sphère privée oikos. Elle apparaît dans le droit positif civil avec les questions de vues sur le fonds du voisin, de pudeur, de clôture, et aussi dans le droit pénal avec des notions comme le secret de la correspondance, le secret professionnel, la violation de domicile ou la diffamation.

Elle est mentionnée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, et, pour l'Europe, par la Convention européenne qui en reprend les grands principes.

1. Le problème du Je n'ai rien à cacher

Quand on voit les menaces à l'encontre de la vie privée avec les scandales des révélations des de la NSA, du programme PRISM, etc. on trouve parmi les réactions des gens qui ne semblent pas gênés par cela. Leur argument ultime est : Je n'ai rien à cacher. Voyons ce que cela implique, en montrant l'importance de la vie privée.

Tout d'abord retournons l'argument : Si vous n'avez rien à cacher vous n'avez rien à craindre peut devenir Si vous avez quelque chose à cacher, vous avez quelque chose à craindre et donc vous êtes potentiellement dangereux. En extrapolant, cela implique que si cette logique se concrétise, il deviendra illégal de cacher des choses puisque ce sera forcément quelque chose de répréhensible. Donc seul les hors-la-lois auront droit à une vie privée.

De plus, même sans en arriver à de telles fins, cette logique comporte des risques, comme l'agrégation : le principe est de recouper des informations. Même s'il n'y a que des informations sans risque ou de faible importance qui sont récupérées, en les groupant vous pouvez être en danger même si vous n'avez rien fait. Un exemple : Vous êtes un journaliste et vous achetez un livre sur la méthamphétamine pour pouvoir écrire un article. Plus tard, vous rénovez votre maison et achetez des produits qui entrent dans la composition de la méthamphétamine. Vous êtes donc un dealer de méthamphétamine. C'est un hasard, une mauvaise interprétation mais d'un point de vue extérieur, c'est le plus évident ; vous ne pouvez rien y faire bien que vous n'ayez rien commis d'illégal. Bien entendu, ce point est plus pertinent quand vous l'appliquez par exemple aux écoutes de la NSA, mais Facebook est une source d'information énorme pour eux. Alors autant ne pas leur faciliter le travail ni cautionner cette évolution de la société.

2. Perte de contrôle

En publiant sur Facebook, chacun perd le contrôle de ce qu’il publie. Quelles que soient les options que vous cochez aujourd'hui (avec l’illusion de protéger votre vie privée), chaque fois que vous publiez quelque chose, vous remettez aux mains de Facebook vos données. En effet, vous ne savez pas, dans un an, ou même dans trois mois, comment Facebook va décider de changer ses paramètres. De toute façon, ils en ont le pouvoir, car ils ont vos données. Les fichiers sont stockés sur les serveurs de Facebook (où la loi française ne s’applique pas, faut-il le rappeler), les logs sont chez Facebook. Vos conversations de chat ? Enregistrées chez Facebook. Toutes vos photos ? À quelques clics près visibles par n’importe qui en charge à Facebook.

3. Logique du tout public

Comme le dirigeant M. Zuckerberg l’a répété plusieurs fois, il veut que par défaut, tout soit public. Et quand on observe les comportements sur le site, on s’aperçoit que la plupart des gens publient beaucoup, beaucoup trop. Des photos très personnelles, voire même des photos d’autres personnes (sans forcément demander leur autorisation). Et ce n’est pas juste ma génération d’insouciants étudiants qui ne pensent pas aux conséquences... Je vois aussi des adultes publier fréquemment des photos de leurs bambins.

Dans quel monde vivront-ils ? Eux qui, à peine nés, ont leur photo envoyées aux États-Unis pour être publiée et partagée (potentiellement) dans le monde entier. Ou avec 150 « amis » et les 150×150 amis d’amis, etc. C’est la même chose. Avec tous ces appareils portables : des photos et des vidéos tout le temps, avec en prime la géolocalisation. Tout ça, public par défaut. Il n’y aura plus l’action de « publier », cet acte profondément social, ce geste de communiquer au-delà de son cercle de connaissance et de créer des liens. Publier pour une audience, dans l’espace et dans le temps. Non, il n’y aura plus cet acte autonome, réfléchi, conscient. Tout sera public par défaut et à jamais chez Facebook. Ce sera la norme absolue, le réflexe inné, l’action qu’on ne remet pas en question sans accomplir un effort intellectuel important qui consiste à dépasser les normes de son temps et de sa société.

Et la pression sociale sera telle que l’autonomie des individus sera quasiment nulle. Quelle liberté aura-t-on ? Dans un monde où on ne peut rien cacher, ne pas avoir de secret, ne pas avoir de sphère privée ? Où le passage dans la sphère publique est continuel, forcé par des entreprises (Facebook et ses partenaires) et par les autres individus qui alimentent le système central ?

Récapitulons : vos amis (c’est à dire n’importe quel internaute qui fait semblant de s’intéresser à votre petite personne, bien comme mal intentionné, voulant faire votre connaissance ou simplement vous vendre plein de produits) pourront avoir accès à vos habitudes de consommation à travers toute votre vie, vos habitudes de vie, de culture ... C’est ça la démocratie et la liberté d’opinion, de parole, et même la liberté tout court ?

4. Glissement vers une dictature

Facebook est en train de devenir un outil tellement essentiel à notre vie en ligne que ne plus avoir de compte Facebook peut faire penser au bannissement antique.

Il y a deux mois, le profil de Didier Lestrade a été fermé. Il a probablement partagé un homme nu de trop avec ses amis, il a peut-être été dénoncé par des folles jalouses, un assistant de Delanoë qui voulait venger son maître ou des membres d’une secte chrétienne quelconque qui n'ont toujours pas digéré Act Up et le coup du préservatif rose sur l'obélisque. Who knows... Les robots de Facebook ont mis son compte hors ligne sans qu’on sache pourquoi. Plus d’amis, plus de photos, plus de liens : Didier a simplement disparu du net.

Adieu Didier. Après des e-mails de protestation d’un peu tout le monde, son compte a été rouvert, on ne sait ni pourquoi ni par qui, mais ça a été une sacrée leçon.

De plus en plus de gens sont ainsi bannis tous les jours, pour un mot de travers, une photo malvenue, ou parce qu’ils ont été dénoncés par des gens malintentionnés. On parle beaucoup de ces groupes intégristes qui font fermer les pages et les profils des laïcs et des progressistes dans le monde arabe ; ou encore des chrétiens intégristes qui sonnent l’alarme de Facebook contre leurs ennemis, qu’ils soient pour la liberté de l’avortement ou le mariage des couples de même sexe. Un robot reçoit des messages, il ferme le compte, et ensuite tout dépend du bon vouloir d’un employé de Facebook, qui ne parle pas forcément votre langue, et qui suit des règles qui sont tout sauf évidentes.

Facebook est en train de devenir un morceau essentiel de notre socialisation en ligne, mais nos données personnelles, notre sécurité en ligne et notre existence sociale sur Internet dépendent de dénonciations incontrôlables, de robots sans âme qui voient de la nudité partout ou de petites mains lointaines contres lesquels il n’y a aucun recours. Une dictature, c’est un endroit où des gens que vous ne connaissez pas peuvent vous priver de liberté et de vie sociale sans raison, à tout moment. C’est exactement ce qu’est Facebook : une entreprise à but lucratif qui peut vous bannir à tout moment, sans raison claire, et sans recours. On n’a aucun moyen de récupérer la vie en ligne si Facebook décide, pour une raison ou une autre, de nous couper de nos amis, de confisquer nos photos et nos liens. Pas un juge, pas un policier, pas un élu n’a le moyen de nous aider.

Les gens qui militent pour la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice et les libertés publiques dans leur pays acceptent d’être traités comme les sujets d’une dictature obscurantiste juste parce que c’est cool, que le logo bleu est impeccable et que la Californie est un État sympa et ensoleillé, et que Facebook c’est vraiment trop moderne.

IV. Conclusion

Au regard de ce qui à été précédemment montré, on peut voir que Facebook est une société qui sous couvert de proposer un service gratuit et apparemment inoffensif voire presque d'utilité publique, fait tout son possible pour s'immiscer dans la vie du plus grand nombre (et même des non inscrits) et pour essayer de se rendre indispensable. L'objectif est évidemment d'engranger le plus d'informations possible sur le plus grand nombre dans le but les marchander.

A ce titre, le site est un danger majeur pour la vie privée. Vous n'avez plus aucun contrôle sur vos données ni sur qui peut offrir des informations sur vous à Facebook. Et l'illusion de contrôle offerte par les options de visibilité ne sert qu'à masquer le fait que de toute façon ces données sont stockées sur les serveurs de Facebook et qu'ils en ont légalement la propriété. Absolument rien ne les empêche de les diffuser à qui que ce soit - principalement des publicitaires, évidemment - mais aussi à des gouvernements cherchant à traquer le opposants politiques. De plus, si une information n'est pas publique aujourd'hui, rien ne les empêche de changer leur politique de confidentialité du jour au lendemain comme le récent passage au tout public par défaut le prouve. Ce faisant, le site remet en question la liberté d'expression, par l'autocensure des utilisateurs, l'uniformisation de la société et ouvre la porte à une société pouvant se rapprocher d'un 1984 de G. Orwell. Il s'agit apparemment d'une évolution générale de la société, opéré dans l'ombre. Qui, à l'heure actuelle, a entendu parler de la toute récente loi de programmation militaire, autorisant n'importe quel fonctionnaire des ministères de l'Intérieur, de l'Économie et du Budget à récupérer des données privées de n'importe quel citoyen sans aucune autorisation du pouvoir judiciaire ?

Un autre point dangereux est la centralisation du réseau. Facebook est au même titre que les médias traditionnels (journaux, télévision, radio, etc.) un média centralisé. Certes n'importe qui peut poster sur Facebook. Néanmoins tout le pouvoir de contrôle / censure revient à Facebook. Le site peut à ce titre exercer un formidable pouvoir de propagande, censure, de contrôle et de manipulation en utilisant le support qu'est Internet alors même que ce dernier avait été conçu de manière décentralisée pour justement éviter ce genre de problèmes. De plus, ce pouvoir ne s'arrête pas aux frontières du site lui-même, puisque Facebook est présent sur un gigantesque nombre de sites qui l'utilisent pour l'identification de leurs utilisateurs et / ou l'intègrent d'une façon ou d'une autre.