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Briggle : une ville presque normale — Un chercheur sachant chercher (1) Par adrien_s, le 16 Décembre 2013 11:31:33

Tags : briggleStories


Note : Ce texte fait partie d'une histoire plus longue que je rédige au fur et à mesure. Ce billet représente donc en quelque sorte l'introduction. Vous pourrez suivre les épisodes sous le tag briggleStories.
Bonne lecture !

Introduction

« Toc toc toc ! »

Tranquillement affalé dans son canapé, Samuel Ecklat regardait la télé. Il ne prêta pas attention à la porte.

« Toc toc toc ! »

L'incongru visiteur se fit plus insistant.

« C'est bon, j'arrive !
Pas la peine de s'exciter comme ça... »

Sam n'aimait pas être dérangé devant son émission de télé favorite.
Mais il se leva tout de même.
Ça pourrait être un ami, pensa-t-il.

Il ouvrit.
La personne qui était devant lui, sur le pas de la porte était un homme âgé d'environ 35-40 ans, blond avec une moustache et d'épaisses lunettes de myope. Il portait une blouse blanche identique à celle que portent les chimistes qui font des expériences bizarres. En fait, il semblait bizarre.

« Bonjour ! Je suis Nicolas Sabricol, je viens d'emménager dans la rue voisine, là-bas. »

Il montra la rue du doigt.

« Je voulais faire connaissance, je fais le tour du voisinage.
— Vous êtes arrivé quand ? »

grommela Sam.

« Oh, une petite semaine, c'est tout. »

Nicolas vit l'émission de télé que regardait Sam.

« Vous regardez ça ?
— Oui, pourquoi ? Ça vous gêne ? »

Nicolas ne répondit pas, il était surpris par la réponse de Sam, qui semblait passablement énervé.

Sam n'aimait décidément pas être dérangé en pleine émission ; mais ce qu'il aimait encore moins, c'était qu'on la critique. Oui, c'était une émission idiote. C'est justement ce qui rendait ce moment si agréable dans sa fatiguante journée. Il pouvait se reposer, ne plus penser à rien.

Il ajouta :

« Désolé, je voulais pas être rude. C'est mon seul moment de détente de la journée, alors j'ai vraiment besoin de décompresser.
— Oui, je comprends, il faut bien se reposer de temps à autre. Vous faites quoi ? »

Il était opérateur téléphonique dans une grande société de dépannage informatique. Ce n'était pas un métier très agréable, ni très bien payé, mais c'était le sien et il s'en contentait.
À dire vrai, c'était un métier ingrat. Il passait sa journée à aider de parfaits inconnus qui, en retour, passaient leur temps à lui grogner à l'oreille. Parfois même, on l'appelait pour des questions tellements simples qu'il n'en revenait pas. Mais il ne disait rien, il n'avait pas le droit. Il devait apporter son aide, il représentait l'entreprise à l'écoute du client à l'autre bout du fil. Il avait un « fil conducteur », une sorte de papier qui lui disait quoi répondre dans la plupart des cas courants. Mais il arrivait des fois où l'interlocuteur sortait de ce cadre, qui avait été pensé par des bureaucrates autour d'une table dans une salle close, loin de l'utilisateur. Nombre de ses collègues ne savaient pas quoi faire dans de tels cas. Mais lui savait se débrouiller. Il finissait toujours par trouver une solution. Et le client raccrochait, quelquefois content d'avoir appelé, mais du moins jamais sans réponse.

Nicolas entra, et Sam ferma la porte.
Il lui exposa assez rapidement ce qu'il en était.

« Vous êtes dans l'informatique alors ? »

lui demanda Nicolas, intrigué.

« Oui, je suis dans l'informatique. C'est mon travail. Heureusement, j'ai d'autres loisirs. »

Nicolas travaillait chez lui. Il était chercheur, mais ne semblait pas disposé à expliquer dans quel domaine il expérimentait.

« Je travaille dans un domaine assez particulier... Mais je ne peux pas trop en parler. Ça serait dangereux pour mes recherches. »

s'expliquait-il.

Sam était intrigué. Cet homme paraissait en savoir long, mais il ne disait rien. Nicolas l'interrompit dans ses pensées.

« Vous êtes ici depuis longtemps ?
— Depuis quatre ans et demi maintenant. C'est calme ici, j'aime bien la tranquillité du coin. Et les voisins sont sympathiques...
Je ne les vois pas très souvent par contre, vu que je rentre souvent fatigué. »

Ils discutèrent pendant plusieurs heures. Plus ils discutaient, plus ils se trouvaient des points communs. Le temps passait sans qu'ils s'en rendent compte. La nuit tombait.
Au bout d'un moment, Sam finit par se rendre compte qu'il commençait à être tard. Il demanda à Nicolas, gêné, s'ils pouvaient continuer la discussion une autre fois. Nicolas accepta sans problème.

« Désolé, mais demain je me lève tôt…
− Nan, pas de souci, on continuera un autre jour ! »

Nicolas s'en alla. Sam se retrouvai seul. Il avait raté la fin de son émission favorite, mais à la place il avait probablement gagné un ami. Cela en valait certainement la peine.
Tout en repensant à ce qu'ils s'étaient dit, il alla se coucher.
Il ne mit pas longtemps à s'endormir, car il était vraiment épuisé.


Briggle : une ville presque normale — Un chercheur sachant chercher (2) Par adrien_s, le 16 Décembre 2013 11:24:49

Tags : briggleStories


Fausse frayeur

Il était 6 heures du matin. Le soleil dormait encore derrière l'horizon, et les oiseaux commençaient à se réveiller et à chanter. On pouvait les entendre à travers l'épaisse fenêtre en double-vitrage de la chambre de Sam.
Le réveil sonna.
Il se réveilla difficilement, en grommelant comme à son habitude. Il n'aimait pas se lever si tôt le matin, mais il n'avait pas vraiment le choix. Il habitait à deux heures de son bureau, et il commençait son travail à huit heures et demie.

La route était longue, et bien sûr à cette heure-ci complètement bouchée. Décidément, c'était toujours un sacré bazar pour arriver à l'heure.
Une fois arrivé, il se dirigea vers la machine à café.

« Salut Sam ! »

lui lança Georges.

Georges était un de ses collègues de plateau, et également un des plus anciens ici. Cela faisait maintenant plus de dix ans qu'il était là. Il avait vu la fantastique progression de la boîte, depuis petite entreprise entre amis jusqu'à ce grand ensemble de plus de 8000 personnes.

« Salut Georges ! Comment ça va ce matin ?
– Oh pas trop mal... Euh, par contre y'a un mémo sur ton bureau, je crois que c'est le chef de plateau, t'as rendez-vous cet aprèm...
– J'espère que c'est rien de grave…
– Bah t'as peut-être une promo qui sait ? »

dit Georges en riant.

« Une promo ? Avec ce chef-ci ? On peut toujours rêver. »

Sam s'assit à son bureau. Les appels se succédèrent, les uns après les autres.
Il y avait des gens paniqués, d'autres fatigués de ne rien comprendre, d'autres encore parlaient trop vite pour être compris ; quelquefois, il avait affaire à des gens « qui s'y connaissaient » selon l'expression consacrée ; dans ce cas-ci, son travail devenait plus facile, mais à son grand regret, ce n'était pas la majorité des appels qu'il recevait.

Après une courte pause déjeuner, Sam retourna à son bureau. Le post-it qui avait été posé le matin même disait simplement ceci :

« Rendez-vous dans mon bureau à 15h.
— Le chef de plateau »

Cette note semblait un brin autoritaire à première vue, mais le chef de plateau était toujours comme cela. Il pensait que ça motivait son équipe, ce qui n'était pas complètement faux vu qu'il avait un peu tendance à faire peur à tout le monde.

Il passa l'après-midi comme la matinée, au téléphone avec des gens pas forcément patients. L'heure fatidique du rendez-vous approchait à grands pas. Curieusement, il se sentait fébrile alors qu'il n'avait jamais été nerveux ni stressé de toute sa vie.

Puis vint l'heure du rendez-vous. Il se leva, lentement, et se dirigea vers le bureau de son chef, en se demandant ce qu'il pouvait bien lui vouloir. On aurait juré un veau se rendant à l'abattoir.
S'était-il trompé quelque part ? Des clients mécontents auront fait des réclamations sans doute. Oui, ce devait être ça. Il n'avait pas dû faire son travail correctement.

Après une longue hésitation, il frappa à la porte.

« Ah, entrez Samuel ! Je voulais vous parler.
– Oui ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
– J'aurais juste une simple question pour vous : à quand remontent vos derniers jours de congé ? »

Sam se figea. Il s'attendait aux pires reproches possibles, voire même à se faire virer. Mais pas à ça.

Après avoir repris ses esprits, il répondit :

« Heu, Janvier si je me souviens bien...
– Oui, soit dix mois. Nous sommes en octobre, Samuel. Vous êtes trop consciencieux, mon cher. »

Il se dérida.

« Vous savez, il faut savoir se reposer de temps en temps. Vous devriez poser une semaine ou deux. En plus nous ne sommes pas très chargés en ce moment, ça tombe bien. »

Sam sourit. Il s'attendait probablement à se faire virer, et à la place on lui proposait des congés. Lui qui n'en prenait jamais car il ne savait pas quoi faire de ses journées quand il ne travaillait pas.
Finalement, le chef n'était pas si terrible que ça. Il semblait même plutôt sympathique.

« Je ne mange pas les gens. »

souffla-t-il, sortant Sam de ses pensées.

« J'essaie juste d'être un peu autoritaire pour éviter le bazar. Apparemment ça marche même un peu trop bien... »

Il se reprit.

« Bon ! Pour vos congés, on n'à qu'à dire que vous prendrez la première semaine de Novembre. Cela vous convient ? »

Sam ne savait pas trop quoi dire.

« Eh ben, oui, ça me fera largement de quoi me reposer ! »

dit-il en se rassurant.
Le chef lui rétorqua :

« Bien entendu, vous disposez d'une semaine pour le réveillon de Noël. On fait comme ça ?
– Oui, moi ça me va. Merci beaucoup ! »

Sam retourna à son bureau, libéré d'un poids considérable.
Georges ne manqua pas de le remarquer. Sam lui expliqua l'invraisemblable, ce qu'il eût du mal à croire.

« Attends, tu es en train de me dire que monsieur le pètesec t'a filé des congés parce que tu travaillais trop ?
– Ben oui. Moi-même j'en suis tombé sur le cul !
– Fais gaffe, si ça se trouve c'est une manière polie de te dire que tu n'es pas assez productif parce que tu ne te repose pas assez…
– Mince, maintenant que tu me le dis... »

La fin de la journée arriva assez vite.
On était vendredi, ce qui voulait dire que ce soir il allait se vider la tête avec ses amis dans un bar local qu'ils connaissaient bien.

Il démarra sa voiture.
Sur le chemin, son portable sonna.

« Rhââ ! Pourquoi les gens m'appellent toujours quand je conduis ?? »

Il décrocha, et activa l'ampli.

« Oui allô ?
– Allô Sam ? C'est Romain ! On se rejoint comme d'hab ?
– Et tu m'appelle pour ça ? Je suis au volant là.
– Ça va Grincheux ! Non, c'était pour te dire que Fred peut pas venir.
– Ah mince ! Pourquoi ?
– Je ne sais pas trop, il m'a juste dit qu'il ne pourrait pas être là ce soir.
– Okay, ben tant pis pour lui ! À tout à l'heure ! »

Il raccrocha.


BriggleStories — update Par adrien_s, le 12 Février 2014 11:42:35

Tags : briggleStoriesnewssitedéveloppementactumylife


Salut à tous :)

J'avais il y a quelques temps commencé une fiction en plusieurs parties (tag : briggleStories).

Je suis en train de refondre l'histoire — ou plus exactement de créer le plot de base de l'histoire — et du coup je commencerai à l'écrire sous peu (après avoir choisi dans quel ordre faire les chapitres).

Tout ça pour dire que vous aurez bientôt de quoi lire :p

[update 12/02] Voilà le repo git si vous voulez jeter un œil (ou aussi la version sur GitHub )