Minecraft ‑ news Par adrien_s, le 25 Décembre 2013 10:41:03

Tags : minecraftnewsserver


Salut à tous :D

J'ai déplacé le serveur minecraft, il est à l'adresse minecraft.art-software.fr:25565. Maintenant qu'il a une adresse dédiée, il ne bougera plus :p

Sinon j'ai ajouté un plugin, QuantumCircuit, qui permet de faire des circuits sans s'emmerder avec les fils.


YouTube − Vers un « durcissement » des CGU ? Par adrien_s, le 12 Décembre 2013 20:33:28

Tags : internetweblibertéinformatiquecopyright


Google vient de changer les conditions d'utilisation de son service YouTube, ce qui a provoqué de vives réactions ici et là (et quoi de plus normal de s'inquiéter).

Oui, maintenant, le moindre extrait « ©opyrighté » − morceau de film de 3 secondes pour faire une critique cinéma comme l'excellent Fossoyeur de Films, jeux vidéos comme Bob Lennon & TheFantasio974 ou encore le Joueur du Grenier et son comparse Seb du Grenier, Matthieu Sommet et Antoine Daniel pour le review de vidéos YouTube (on sait jamais) et j'en passe − et YouTube peut automatiquement au choix supprimer la bande son (et vous vous retrouvez alors avec une pâle copie de The Artist mais sans Jean Dujardin), virer la monétisation pour ceux qui en vivent (JdG, Bob Lennon…), voire virer la vidéo, sans la moindre alerte de leur part. En conservant à l'esprit qu'au bout de la troisième « réprimande » (bouhouhou, le vilain bébé qui fait bobo à Papa ©opyright), YouTube ferme le compte litigeux sans préavis (direct, comme ça, un beau jour vous vous connectez et paf, « votre compte a été clôturé pour cause d'atteintes répétées au droits d'auteur ») les chaînes YouTube vont vite tomber comme des mouches.

Bon déjà, premier point : il faut garder une chose à l'esprit, c'est que YouTube est un service appartenant à Google. Google est une entreprise américaine, et en tant que telle, elle est soumise aux lobbies, sacro-saintes industries de la culture (qui n'ont de culturel que le nom), et bien entendu aux Patriot Act et Digital Millenium Copyright Act (oui, ils se la pètent pas mal).

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce n'est pas juste YouTube qui est devenu intolérant. C'est les gouvernements et les entreprises toutes puissantes qui gagnent de plus en plus de pouvoir et grignotent chaque jour un peu plus de vos libertés pour les transformer en pouvoir ou argent (voire les deux à la fois).
Vous connaissez l'allégorie de la grenouille ? Non ?
Ben c'est exactement ça : ils montent petit à petit le feu, tout doucement, sans que vous vous en rendiez compte. Et un beau jour vous vous réveillez, ébouillanté (c'est une image, hein, allez pas dormir dans une casserole pour illustrer mon propos ^^ ).

Il faut se défendre pour conserver nos libertés et un Internet Libre et Décentralisé comme il l'était à l'origine et comme il aurait dû toujours rester.
Et il faut agir. Et le plus vite possible.
Fuyez ces grandes entreprises qui veulent tout centraliser, tout aseptiser, tout régenter, tout monétiser, tout organiser. Le mieux reste d'avoir son propre site, sa propre plateforme (genre blog, etc), et privilégier les outils libres dont le code est public et qui est donc beaucoup plus difficile à corrompre (car n'importe qui ayant un accès en écriture peut le corriger, et il faudrait donc corrompre tout un tas de personnes, souvent à travers plein de pays dans le monde, à l'image de la distribution GNU/Linux Debian).

Skype ? Je dis Mumble, voire serveur XMPP, voire même e-mail.
Facebook ? Un blog.
Twitter ? Shaarli, un outil que j'utillise depuis quelques mois et qui est simple et génial en même temps.
Windows ? GNU/Linux. Oui, c'est différent. Mais si vous souhaitez réellement vous mettre à l'informatique, il n'y a pas meilleur choix. Vous pouvez très bien commencer par quelque chose de simple comme Ubuntu, Fedora ou directement par l'une des meilleures Debian. De plus, il y a la plupart du temps autour de chaque distribution une communauté active de personnes prête à vous aider en cas de souci (sous réserve que vous les traitiez avec le respect qui leur est dû, il ne sont pas payés pour ce qu'ils font, ayez ça en tête). Utilisez un hébergeur associatif comme mailoo.org pour vos e-mails, voire carrément votre propre serveur − ça n'est pas très compliqué, juste un peu long au début −, ça évitera à vos e-mails d'être ouvert par la NSA (et encore…)

Pour les vidéos, pourquoi ne pas monter votre propre site (ou demander à un développeur web/webmaster, c'est leur job et moyennant sous vous aurez un truc sympa) ? Vous restez maître de votre contenu, et vous pouvez diffuser l'adresse partout sur le Web pour qu'on vienne vous voir.

Je mettrai sans doute en ligne des tutos pour ces divers sujets tous très intéressants.

Quoi qu'il en soit, le message est : « ne soyez pas passif ! Soyez acteur de votre vie numérique ! Internet est né libre et décentralisé, et c'est la meilleure possibilité d'échange pour tout un chacun. Ne laissez pas des entreprises sans scrupules et des gouvernements assoiffés de contrôle absolu vous bouffer vos libertés sans rien dire. Réagissez bordel !! »

[edit] Voici une page intéressante avec quelques alternatives à YouTube


La v2 ! La v2 ! Par adrien_s, le 31 Décembre 2013 00:15:50

Tags : blogdéveloppementsitechangelog


Bon, résumons un peu la situation :

  • L'édito est prêt et marche du feu de Notch (ben quoi, je vais pas dire Dieu quand même ?)
  • Le viewer du flux RSS sur la page d'accueil reste à implémenter (j'y suis dessus).
  • Pour le blog :
    • La lecture / modification / suppression / création fonctionne en tenant compte des permissions.
    • Les tags sont pris en compte.
    • (+) La recherche marche (par tag, ou par termes)
    • Pas encore de système de commentaires (ça arrivera dans la v2.1)
  • Pour les applis :
    • Shaarli ('Liens') fonctionne.
    • Le lien Roundcube également.
    • La page d'applis n'a pas encore été implémentée (ça va viendre, mais le dossier apps/ reste accessible).
  • À propos :
    • Pas encore fait.

(Je mettrai ce billet à jour au fur et à mesure)


Why not FB — Quelles sont les raisons qui peuvent pousser à ne pas utiliser Facebook (ou à supprimer son compte) Par adrien_s, le 16 Décembre 2013 10:39:47

Tags : internetviePrivéeBigBrotherfacebook


Salut à tous : )

Ce qui va suivre est un dossier qui a été écrit par Wildfier et Shinsaru (des amis à moi).
À l'origine, ils devaient dans le cadre d'un exercice créer une page facebook mais comme ils ne s'en servent pas, l'exercice est devenu :

« Écrivez un dossier sur le sujet : "Pourquoi je n'utilise pas Facebook". »

Je vous le recopie ici car je trouve que c'est intéressant et que ça reflète assez mon avis sur le sujet.

Bonne lecture : )


Ecrit le 06/12/2013 par Wildfier et Shinsaru

Mis en forme pour Markdown et corrigé par adrien_s

Si c'est gratuit, c'est vous le produit

ou

Pourquoi non à Facebook

Introduction

Suite à notre relatif échec à un exercice consistant à créer une page Facebook et à obtenir le plus de j'aime possible, nous avons eu l'occasion de nous interroger et de nous expliquer sur la cause de cet échec : pourquoi nous n'aimons et n'utilisons pas Facebook. Ce dossier va essayer de répondre à cette question en présentant tout d'abord ce qu'est Facebook et comment le site fonctionne, quels problèmes il pose, particulièrement en matière de vie privée.

I. Qu'est ce que Facebook ?

Facebook est un site Web de réseautage social permettant de publier des informations (photographies, liens, textes, etc.) en contrôlant leur visibilité par différentes catégories de personnes. L'utilisateur cède à Facebook des droits de réutilisation sur toutes les données qu'il publie. Les pages et groupes visant à faire connaitre des institutions, des entreprises ou des causes, peuvent être consultés par n'importe quel internaute, mais les noms des membres sont occultés. Il est controversé en raison d'atteintes alléguées à la vie privée.

Facebook réalise en 2012 une introduction en bourse originale, réduisant à 1 % les commissions versées aux banques et obtenant une valorisation de 104 milliards de dollars.

En octobre 2012, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, annonce que le site regroupe plus d'un milliard de membres actifs. Selon Alexa Internet, c'est en août 2013 le deuxième site le plus visité au monde après Google.

Le réseautage social se rapporte à l'ensemble des moyens mis en œuvre pour relier des personnes physiques ou morales entre elles. Avec l'apparition d'Internet, il recouvre les applications Web connues sous le nom de service de réseautage social en ligne. Ces applications ont de multiples objectifs et vocations. Elles servent à constituer un réseau social en reliant des amis, des associés, et plus généralement des individus employant ensemble une variété d'outils dans le but de faciliter, par exemple, la gestion des carrières professionnelles, la distribution et la visibilité artistique ou encore les rencontres privées.

1. Principe de base

Comme application de réseau social, Facebook permet à ses utilisateurs d'entrer des informations personnelles et d'interagir avec d'autres utilisateurs. Les informations susceptibles d'être mises à la disposition du réseau concernent l'état civil, les études et les centres d'intérêt. Ces informations permettent de retrouver des utilisateurs partageant les mêmes intérêts. Ces derniers peuvent former des groupes et y inviter d'autres personnes. Les interactions entre membres incluent le partage de correspondance et de documents multimédias. Un principe également retrouvé sur d'autres réseaux sociaux, généralistes comme Orkut ou s'adressant au monde des affaires comme Viadeo.

2. Evolution

Facebook est né à l'université de Harvard : c'était à l'origine un réseau social réservé aux étudiants de cette université, avant de devenir accessible aux autres universités américaines. La vérification de la provenance de l'utilisateur se faisait alors par une vérification de l'adresse électronique de l'étudiant.

Depuis 2006, le site s'est petit à petit ouvert et tout le monde est désormais libre de s'y inscrire. Des investisseurs privés l'ont financé et le site arrive à entrer en bourse. Durant toute son évolution, la politique de Facebook a progressivement évoluée vers le tout public.

3. Modèle économique

Facebook est un réseau social et ses utilisateurs l’utilisent pour beaucoup de choses (communiquer, créer des événements, partager des photos, etc.), mais certainement pas dans un comportement incluant une intention d’achat.

Sans même rentrer dans la psychologie du consommateur, on ne peut que constater les limites du système de publicité proposé par Facebook Ads. Des annonces déjà microscopiques et encore limitées dernièrement (texte de moins de 90 caractères, image de 100×72 pixel), et qui plus est camouflées dans la sidebar, bien loin de l’objet d’attention du consommateur : la timeline.

Mais voilà, depuis l’introduction en bourse de Facebook, cette stratégie de monétisation s’est accélérée... Pourquoi ? Tout simplement parce que Facebook est avant tout une entreprise, et maintenant une entreprise qui a des investisseurs à satisfaire. Nous pensons que beaucoup de gens oublient cet aspect et dénigrent de manière trop directe la stratégie adoptée par Facebook.

Facebook utilise vos données personnelles comme monnaie d'échange, car tout ça a un prix. Les systèmes centralisés coûtent chers (c’est pour ça que le minitel s’est fait supplanter par Internet). Facebook vient de créer sa monnaie virtuelle, il s’agit en fait d’une toute petite partie de l'énorme monnaie d’échange que constitue votre profilage, vos données. Vous savez à quel point il s’agit d’une source que les publicitaires (et les gouvernements) sont prêts à s’arracher.

II. Quels problèmes pose Facebook ?

La place actuelle de Facebook dans notre société pose un grand nombre de problèmes :

1. CGU

Commençons pas les Conditions Générales d'Utilisation (CGU) de Facebook qui sont pour le moins draconiennes. En vous inscrivant sur le site vous acceptez :

  • De céder la propriété de tout ce que vous postez sur le site à Facebook ;
  • D'être traqué sur d'autres sites ;
  • Que toutes vos informations soient partagées avec d'autres services ;
  • De ne pas utiliser de pseudo et que tout ce que vous mettez en ligne soit vrai ;

Ces termes permettent à Facebook d'exploiter de manière illimitée vos données. Vous leur en avez cédé la propriété, donc elles leurs appartiennent. De plus le site est capable de continuer à engranger des données sur vous par l'intermédiaire d'autres sites à la manière de Google. Ne soyez donc pas surpris si vous vous retrouver sur une publicité parce qu'un de vos amis a posté une photo de vous qui a particulièrement plu à un publicitaire.

Bien sûr, le dernier point n'est pas toujours respecté. Cependant, l'idée est bien que vous êtes censé donner des informations sur vous pour qu'elles puissent être vendues. Car lorsque vous donnez des informations à Facebook vous leurs fournissez de la matière première à vendre. Vous travaillez donc bénévolement pour Facebook.

2. Désociabilisation par abus

Le réseau désociabilise, puisque les utilisateurs de Facebook y deviennent si addicts qu'ils ne conçoivent plus de correspondance en dehors de ce dernier. Le problème, c’est l’efficacité réelle d’un tel site social. C’est très bien d’aller regarder ce que font les gens, de les voir dans des situations ridicules, de se moquer de leurs goûts douteux ou de se demander qui est vraiment leur ami. C’est très bien d’échanger instantanément des vidéos, des liens de chatons et le nouveau tube de Kylie avec ses copines. Mais après des heures à rire tout seul derrière son écran, on se dit qu’on aurait quand même préféré discuter avec Pierre par VoIP ou aller boire un verre avec Paul au café d’à côté. Ou encore inviter Jacques à manger ce couscous dont personne ne comprend la recette. Être sur Facebook, c’est être comme les vieilles dames qui passent leur temps à la fenêtre à épier les autres car cela fait longtemps qu'il ne se passe plus rien dans leur vie. Spammer les gens avec ses photos et passer son temps à mettre son profil à jour, c’est encore plus effrayant : c’est comme passer son temps avec un faux micro devant la glace à avoir l’air cool en chanteuse-à-succès-que-tout-le-monde-adule-alors-que-personne-n'y-croyait-même-pas-sa-mère.

3. Réseau tentaculaire centralisé

Facebook devient bien la pieuvre hyper-tentaculaire du Web : avec son nouveau système d’authentification et sa nouvelle fonction de recommandation, vous serez connectés à Facebook à chaque fois que vous allez sur un site lié. Vous êtes peut-être familiers avec la notion de cookies, ces fichiers qui permettent de vous identifier et d’y associer des informations, vous comprenez à quel point Facebook à mis en place un système de « cookies » très performant et très intrusif.

Les sites que vous visitez en sauront beaucoup plus sur vous (même si vous n’avez pas accordé à ces sites l’accès à vos informations, il suffit de les avoir donné à Facebook) car vous serez automatiquement identifié via votre identité Facebook, qui devient ainsi le point de contrôle de toute votre identité virtuelle. Parallèlement, vos actions sur ces sites sont envoyées à Facebook pour alimenter les données vous concernant et donc améliorer votre profilage. De même, le peu de contrôle que vous aviez sur les applications Facebook vient d’être encore diminué.

4. Pouvoir accordé à une entité privée

Le Web est un hyper-média sur Internet. Le schéma d’Internet doit s’appliquer aussi au Web. Rien techniquement ne justifie que l’on centralise d’une telle manière le Web et qu’on le réduise à Facebook (comme montré dans la partie précédente) . Le faire, c’est donner un immense pouvoir à une seule instance de contrôle, sur laquelle vous n’avez en tant qu’utilisateur aucun droit. Vous ne votez pas. Ceux qui votent, ce sont les actionnaires, et si l’on en croit une enquête du Guardian ce ne sont pas de simples boursicoteux. Il y a là une arrière-pensée techno-politique.

La CIA a été actionnaire de Facebook : il s'agit en effet d'un merveilleux moyen de savoir ce que tous les citoyens pensent. Pour faire une comparaison volontairement choquante, la STASI avait infiltré 10 % de la population d'Allemagne de l'Est alors que Facebook atteint par exemple 88 % de la population de l'Islande. Sans compter que le rythme auquel les informations sont déposées sur Facebook est bien plus grand que ce que pouvaient faire les agents de la STASI.

Or que veut dire contrôle, dans un système d’hyper-média comme le Web ? Ça veut dire que la possibilité de censure s’exerce non seulement à l’intérieur du réseau, mais aussi à l’extérieur, puisque c’est Facebook qui, telle une pieuvre hyper-tentaculaire, tire toutes les ficelles. Nous parlons de censure, vous pensez que le mot est fort ? Il ne l’est pas. WikiLeaks par exemple, un site Web qui combat la censure et défend la liberté de la presse s'est vu supprimer sa page Facebook :

WikiLeaks Facebook page deleted together with 30,000 fans... boiler plate response includes ... promotes illegal acts ...

WikiLeaks - Twitter

De plus comme Google, Facebook songe à se proposer comme Fournisseur d'Accès à Internet. Ces deux géant du Web seraient plus que des FAI et il serait totalement utopique de croire que leurs intérêts premiers soient compatibles avec la neutralité du net que sont censés respecter les FAI. On a déjà assisté à la censure des publicités en provenance de Google par Free à cause de leur différent à propos de Youtube notamment, l'hyper-centralisation du Web déjà opérée par Facebook serait encore plus grande, et leur contrôle sur le média qu'est Internet serait presque absolu.

Nous y reviendrons dans la troisième partie qui est centrée sur la notion de vie privée mais si vous doutez encore de l'immense pouvoir que représente la possession et le contrôle de la moindre de vos données personnelles, lisez juste cette citation :

A partir d'une carte de crédit Visa, il est possible de prévoir un divorce un an avant que vous ne le sachiez vous même et cela uniquement en regardant vos habitudes d'achat. Alors imaginez ce que Google ou Facebook peuvent savoir sur vous. Si on vous diagnostique une maladie grave, la première personne à le savoir, ce n'est ni vos parents, ni vos amis proches, ni vos enfants, votre maris ou votre femme, c'est Google.

Rick Falkvinge - Fondateur du Parti Pirate Suédois

5. Soutien des dictatures

Avec l'énorme pouvoir doné à Facebook, il fallait s'attendre à ce que cela tourne mal. Il y a quelques temps, un groupe promouvant la séparation de l’Église et de l’État au Maroc a été supprimé, tout comme fut supprimé le compte du créateur du groupe. Cela est inévitable. Toute système aussi centralisé et contrôlé que Facebook aboutira inévitablement à de la censure. Internet a été conçu de manière décentralisée en partie dans cet objectif d'empêcher un quelconque contrôle de la part d'une entité unique.

Un autre exemple : l'Azerbaïdjan, pays classé 162ème sur 179 sur la liberté de la presse accueille en 2012 le Forum sur la Gouvernance de l'Internet des Nations Unies. L'idée étant de montrer que le pays respecte la liberté d'expression en disant que tout le monde peut accéder à l'Internet - et plus particulièrement Facebook - librement. Ce qui est évidemment éludé, c'est le fait que mettre quoi que ce soit en ligne qui déplait aux dirigeants, c'est s'exposer au risque d'être repéré et arrêté. On l'a bien vu lors du Printemps Arabe. Facebook livrait des informations aux dictateurs, et malgré l'image de formidable support de la révolution que le site s'est donné, il n'a fait qu'aider les tyrans pour l'argent. Il ne faut pas croire que Facebook a aidé la révolution. Le véritable support de celle-ci est Internet et plus particulièrement les messages chiffrés circulant dessus, mais surtout pas un site web tel que Facebook.

Dans un registre de régime plus démocratique, Facebook a surtout été un instrument de promotion de la campagne d'Obama et rien n'indique qu'il n'est pas à ce titre utilisé à fins de propagande pour la promotion des intérêts des États-Unis, ce qui en ferait le pire instrument de manipulation jamais conçu.

III. La fin de la vie privée

Parmi les problème posés par Facebook, un en particulier mérite une partie à part entière. En effet menacer la vie privée implique bien des choses. Mais tout d'abord définissons un peu ce concept :

La vie privée est la capacité, pour une personne ou pour un groupe, de s'isoler afin de se recentrer sur sa vie et de protéger ses intérêts. Les limites de la vie privée ainsi que ce qui est considéré comme privé diffèrent selon les groupes, les cultures et les individus, bien qu'il existe toujours un certain tronc commun. On peut rapprocher ce concept dans notre cas d'étude de celui de l'intimité. On n'est pas intime avec une personne de la même manière qu'avec une autre et même pour une même personne selon le sujet. Il s'agit vraiment de centrer la partie diffusion des informations et ciblage de celles-ci.

La vie privée est également une notion impliquant celle de « respect de la vie privée » qui fait partie des notions plus générales de propriété privée et de bonnes mœurs.

La distinction est très ancienne puisque Aristote faisait la distinction entre la sphère publique polis et la sphère privée oikos. Elle apparaît dans le droit positif civil avec les questions de vues sur le fonds du voisin, de pudeur, de clôture, et aussi dans le droit pénal avec des notions comme le secret de la correspondance, le secret professionnel, la violation de domicile ou la diffamation.

Elle est mentionnée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, et, pour l'Europe, par la Convention européenne qui en reprend les grands principes.

1. Le problème du Je n'ai rien à cacher

Quand on voit les menaces à l'encontre de la vie privée avec les scandales des révélations des de la NSA, du programme PRISM, etc. on trouve parmi les réactions des gens qui ne semblent pas gênés par cela. Leur argument ultime est : Je n'ai rien à cacher. Voyons ce que cela implique, en montrant l'importance de la vie privée.

Tout d'abord retournons l'argument : Si vous n'avez rien à cacher vous n'avez rien à craindre peut devenir Si vous avez quelque chose à cacher, vous avez quelque chose à craindre et donc vous êtes potentiellement dangereux. En extrapolant, cela implique que si cette logique se concrétise, il deviendra illégal de cacher des choses puisque ce sera forcément quelque chose de répréhensible. Donc seul les hors-la-lois auront droit à une vie privée.

De plus, même sans en arriver à de telles fins, cette logique comporte des risques, comme l'agrégation : le principe est de recouper des informations. Même s'il n'y a que des informations sans risque ou de faible importance qui sont récupérées, en les groupant vous pouvez être en danger même si vous n'avez rien fait. Un exemple : Vous êtes un journaliste et vous achetez un livre sur la méthamphétamine pour pouvoir écrire un article. Plus tard, vous rénovez votre maison et achetez des produits qui entrent dans la composition de la méthamphétamine. Vous êtes donc un dealer de méthamphétamine. C'est un hasard, une mauvaise interprétation mais d'un point de vue extérieur, c'est le plus évident ; vous ne pouvez rien y faire bien que vous n'ayez rien commis d'illégal. Bien entendu, ce point est plus pertinent quand vous l'appliquez par exemple aux écoutes de la NSA, mais Facebook est une source d'information énorme pour eux. Alors autant ne pas leur faciliter le travail ni cautionner cette évolution de la société.

2. Perte de contrôle

En publiant sur Facebook, chacun perd le contrôle de ce qu’il publie. Quelles que soient les options que vous cochez aujourd'hui (avec l’illusion de protéger votre vie privée), chaque fois que vous publiez quelque chose, vous remettez aux mains de Facebook vos données. En effet, vous ne savez pas, dans un an, ou même dans trois mois, comment Facebook va décider de changer ses paramètres. De toute façon, ils en ont le pouvoir, car ils ont vos données. Les fichiers sont stockés sur les serveurs de Facebook (où la loi française ne s’applique pas, faut-il le rappeler), les logs sont chez Facebook. Vos conversations de chat ? Enregistrées chez Facebook. Toutes vos photos ? À quelques clics près visibles par n’importe qui en charge à Facebook.

3. Logique du tout public

Comme le dirigeant M. Zuckerberg l’a répété plusieurs fois, il veut que par défaut, tout soit public. Et quand on observe les comportements sur le site, on s’aperçoit que la plupart des gens publient beaucoup, beaucoup trop. Des photos très personnelles, voire même des photos d’autres personnes (sans forcément demander leur autorisation). Et ce n’est pas juste ma génération d’insouciants étudiants qui ne pensent pas aux conséquences... Je vois aussi des adultes publier fréquemment des photos de leurs bambins.

Dans quel monde vivront-ils ? Eux qui, à peine nés, ont leur photo envoyées aux États-Unis pour être publiée et partagée (potentiellement) dans le monde entier. Ou avec 150 « amis » et les 150×150 amis d’amis, etc. C’est la même chose. Avec tous ces appareils portables : des photos et des vidéos tout le temps, avec en prime la géolocalisation. Tout ça, public par défaut. Il n’y aura plus l’action de « publier », cet acte profondément social, ce geste de communiquer au-delà de son cercle de connaissance et de créer des liens. Publier pour une audience, dans l’espace et dans le temps. Non, il n’y aura plus cet acte autonome, réfléchi, conscient. Tout sera public par défaut et à jamais chez Facebook. Ce sera la norme absolue, le réflexe inné, l’action qu’on ne remet pas en question sans accomplir un effort intellectuel important qui consiste à dépasser les normes de son temps et de sa société.

Et la pression sociale sera telle que l’autonomie des individus sera quasiment nulle. Quelle liberté aura-t-on ? Dans un monde où on ne peut rien cacher, ne pas avoir de secret, ne pas avoir de sphère privée ? Où le passage dans la sphère publique est continuel, forcé par des entreprises (Facebook et ses partenaires) et par les autres individus qui alimentent le système central ?

Récapitulons : vos amis (c’est à dire n’importe quel internaute qui fait semblant de s’intéresser à votre petite personne, bien comme mal intentionné, voulant faire votre connaissance ou simplement vous vendre plein de produits) pourront avoir accès à vos habitudes de consommation à travers toute votre vie, vos habitudes de vie, de culture ... C’est ça la démocratie et la liberté d’opinion, de parole, et même la liberté tout court ?

4. Glissement vers une dictature

Facebook est en train de devenir un outil tellement essentiel à notre vie en ligne que ne plus avoir de compte Facebook peut faire penser au bannissement antique.

Il y a deux mois, le profil de Didier Lestrade a été fermé. Il a probablement partagé un homme nu de trop avec ses amis, il a peut-être été dénoncé par des folles jalouses, un assistant de Delanoë qui voulait venger son maître ou des membres d’une secte chrétienne quelconque qui n'ont toujours pas digéré Act Up et le coup du préservatif rose sur l'obélisque. Who knows... Les robots de Facebook ont mis son compte hors ligne sans qu’on sache pourquoi. Plus d’amis, plus de photos, plus de liens : Didier a simplement disparu du net.

Adieu Didier. Après des e-mails de protestation d’un peu tout le monde, son compte a été rouvert, on ne sait ni pourquoi ni par qui, mais ça a été une sacrée leçon.

De plus en plus de gens sont ainsi bannis tous les jours, pour un mot de travers, une photo malvenue, ou parce qu’ils ont été dénoncés par des gens malintentionnés. On parle beaucoup de ces groupes intégristes qui font fermer les pages et les profils des laïcs et des progressistes dans le monde arabe ; ou encore des chrétiens intégristes qui sonnent l’alarme de Facebook contre leurs ennemis, qu’ils soient pour la liberté de l’avortement ou le mariage des couples de même sexe. Un robot reçoit des messages, il ferme le compte, et ensuite tout dépend du bon vouloir d’un employé de Facebook, qui ne parle pas forcément votre langue, et qui suit des règles qui sont tout sauf évidentes.

Facebook est en train de devenir un morceau essentiel de notre socialisation en ligne, mais nos données personnelles, notre sécurité en ligne et notre existence sociale sur Internet dépendent de dénonciations incontrôlables, de robots sans âme qui voient de la nudité partout ou de petites mains lointaines contres lesquels il n’y a aucun recours. Une dictature, c’est un endroit où des gens que vous ne connaissez pas peuvent vous priver de liberté et de vie sociale sans raison, à tout moment. C’est exactement ce qu’est Facebook : une entreprise à but lucratif qui peut vous bannir à tout moment, sans raison claire, et sans recours. On n’a aucun moyen de récupérer la vie en ligne si Facebook décide, pour une raison ou une autre, de nous couper de nos amis, de confisquer nos photos et nos liens. Pas un juge, pas un policier, pas un élu n’a le moyen de nous aider.

Les gens qui militent pour la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice et les libertés publiques dans leur pays acceptent d’être traités comme les sujets d’une dictature obscurantiste juste parce que c’est cool, que le logo bleu est impeccable et que la Californie est un État sympa et ensoleillé, et que Facebook c’est vraiment trop moderne.

IV. Conclusion

Au regard de ce qui à été précédemment montré, on peut voir que Facebook est une société qui sous couvert de proposer un service gratuit et apparemment inoffensif voire presque d'utilité publique, fait tout son possible pour s'immiscer dans la vie du plus grand nombre (et même des non inscrits) et pour essayer de se rendre indispensable. L'objectif est évidemment d'engranger le plus d'informations possible sur le plus grand nombre dans le but les marchander.

A ce titre, le site est un danger majeur pour la vie privée. Vous n'avez plus aucun contrôle sur vos données ni sur qui peut offrir des informations sur vous à Facebook. Et l'illusion de contrôle offerte par les options de visibilité ne sert qu'à masquer le fait que de toute façon ces données sont stockées sur les serveurs de Facebook et qu'ils en ont légalement la propriété. Absolument rien ne les empêche de les diffuser à qui que ce soit - principalement des publicitaires, évidemment - mais aussi à des gouvernements cherchant à traquer le opposants politiques. De plus, si une information n'est pas publique aujourd'hui, rien ne les empêche de changer leur politique de confidentialité du jour au lendemain comme le récent passage au tout public par défaut le prouve. Ce faisant, le site remet en question la liberté d'expression, par l'autocensure des utilisateurs, l'uniformisation de la société et ouvre la porte à une société pouvant se rapprocher d'un 1984 de G. Orwell. Il s'agit apparemment d'une évolution générale de la société, opéré dans l'ombre. Qui, à l'heure actuelle, a entendu parler de la toute récente loi de programmation militaire, autorisant n'importe quel fonctionnaire des ministères de l'Intérieur, de l'Économie et du Budget à récupérer des données privées de n'importe quel citoyen sans aucune autorisation du pouvoir judiciaire ?

Un autre point dangereux est la centralisation du réseau. Facebook est au même titre que les médias traditionnels (journaux, télévision, radio, etc.) un média centralisé. Certes n'importe qui peut poster sur Facebook. Néanmoins tout le pouvoir de contrôle / censure revient à Facebook. Le site peut à ce titre exercer un formidable pouvoir de propagande, censure, de contrôle et de manipulation en utilisant le support qu'est Internet alors même que ce dernier avait été conçu de manière décentralisée pour justement éviter ce genre de problèmes. De plus, ce pouvoir ne s'arrête pas aux frontières du site lui-même, puisque Facebook est présent sur un gigantesque nombre de sites qui l'utilisent pour l'identification de leurs utilisateurs et / ou l'intègrent d'une façon ou d'une autre.


Markdown ! Markdown Everywhere ! Par adrien_s, le 09 Décembre 2013 16:45:42

Tags : blognewssitedéveloppementmarkdown


Salut à tous !

En attendant la V2 du site, j'ai intégré la bibliothèque parsedown adaptée par Bronco. À l'origine c'était une classe, il en a fait une simple fonction qui prend en entrée le texte à formater et qui ressort le code HTML. À noter que le texte en entrée peut contenir des balises html voire même du javascript et/ou du css car les balises préexistantes ne sont pas supprimées (et ça c'est cool).

Ça devrait rendre l'écriture de billets plus simple car ça évite de passer par du code HTML, mais en même temps cela reste possible pour plus de personnalisation.

À la prochaine :)


Briggle : une ville presque normale — Un chercheur sachant chercher (2) Par adrien_s, le 16 Décembre 2013 11:24:49

Tags : briggleStories


Fausse frayeur

Il était 6 heures du matin. Le soleil dormait encore derrière l'horizon, et les oiseaux commençaient à se réveiller et à chanter. On pouvait les entendre à travers l'épaisse fenêtre en double-vitrage de la chambre de Sam.
Le réveil sonna.
Il se réveilla difficilement, en grommelant comme à son habitude. Il n'aimait pas se lever si tôt le matin, mais il n'avait pas vraiment le choix. Il habitait à deux heures de son bureau, et il commençait son travail à huit heures et demie.

La route était longue, et bien sûr à cette heure-ci complètement bouchée. Décidément, c'était toujours un sacré bazar pour arriver à l'heure.
Une fois arrivé, il se dirigea vers la machine à café.

« Salut Sam ! »

lui lança Georges.

Georges était un de ses collègues de plateau, et également un des plus anciens ici. Cela faisait maintenant plus de dix ans qu'il était là. Il avait vu la fantastique progression de la boîte, depuis petite entreprise entre amis jusqu'à ce grand ensemble de plus de 8000 personnes.

« Salut Georges ! Comment ça va ce matin ?
– Oh pas trop mal... Euh, par contre y'a un mémo sur ton bureau, je crois que c'est le chef de plateau, t'as rendez-vous cet aprèm...
– J'espère que c'est rien de grave…
– Bah t'as peut-être une promo qui sait ? »

dit Georges en riant.

« Une promo ? Avec ce chef-ci ? On peut toujours rêver. »

Sam s'assit à son bureau. Les appels se succédèrent, les uns après les autres.
Il y avait des gens paniqués, d'autres fatigués de ne rien comprendre, d'autres encore parlaient trop vite pour être compris ; quelquefois, il avait affaire à des gens « qui s'y connaissaient » selon l'expression consacrée ; dans ce cas-ci, son travail devenait plus facile, mais à son grand regret, ce n'était pas la majorité des appels qu'il recevait.

Après une courte pause déjeuner, Sam retourna à son bureau. Le post-it qui avait été posé le matin même disait simplement ceci :

« Rendez-vous dans mon bureau à 15h.
— Le chef de plateau »

Cette note semblait un brin autoritaire à première vue, mais le chef de plateau était toujours comme cela. Il pensait que ça motivait son équipe, ce qui n'était pas complètement faux vu qu'il avait un peu tendance à faire peur à tout le monde.

Il passa l'après-midi comme la matinée, au téléphone avec des gens pas forcément patients. L'heure fatidique du rendez-vous approchait à grands pas. Curieusement, il se sentait fébrile alors qu'il n'avait jamais été nerveux ni stressé de toute sa vie.

Puis vint l'heure du rendez-vous. Il se leva, lentement, et se dirigea vers le bureau de son chef, en se demandant ce qu'il pouvait bien lui vouloir. On aurait juré un veau se rendant à l'abattoir.
S'était-il trompé quelque part ? Des clients mécontents auront fait des réclamations sans doute. Oui, ce devait être ça. Il n'avait pas dû faire son travail correctement.

Après une longue hésitation, il frappa à la porte.

« Ah, entrez Samuel ! Je voulais vous parler.
– Oui ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
– J'aurais juste une simple question pour vous : à quand remontent vos derniers jours de congé ? »

Sam se figea. Il s'attendait aux pires reproches possibles, voire même à se faire virer. Mais pas à ça.

Après avoir repris ses esprits, il répondit :

« Heu, Janvier si je me souviens bien...
– Oui, soit dix mois. Nous sommes en octobre, Samuel. Vous êtes trop consciencieux, mon cher. »

Il se dérida.

« Vous savez, il faut savoir se reposer de temps en temps. Vous devriez poser une semaine ou deux. En plus nous ne sommes pas très chargés en ce moment, ça tombe bien. »

Sam sourit. Il s'attendait probablement à se faire virer, et à la place on lui proposait des congés. Lui qui n'en prenait jamais car il ne savait pas quoi faire de ses journées quand il ne travaillait pas.
Finalement, le chef n'était pas si terrible que ça. Il semblait même plutôt sympathique.

« Je ne mange pas les gens. »

souffla-t-il, sortant Sam de ses pensées.

« J'essaie juste d'être un peu autoritaire pour éviter le bazar. Apparemment ça marche même un peu trop bien... »

Il se reprit.

« Bon ! Pour vos congés, on n'à qu'à dire que vous prendrez la première semaine de Novembre. Cela vous convient ? »

Sam ne savait pas trop quoi dire.

« Eh ben, oui, ça me fera largement de quoi me reposer ! »

dit-il en se rassurant.
Le chef lui rétorqua :

« Bien entendu, vous disposez d'une semaine pour le réveillon de Noël. On fait comme ça ?
– Oui, moi ça me va. Merci beaucoup ! »

Sam retourna à son bureau, libéré d'un poids considérable.
Georges ne manqua pas de le remarquer. Sam lui expliqua l'invraisemblable, ce qu'il eût du mal à croire.

« Attends, tu es en train de me dire que monsieur le pètesec t'a filé des congés parce que tu travaillais trop ?
– Ben oui. Moi-même j'en suis tombé sur le cul !
– Fais gaffe, si ça se trouve c'est une manière polie de te dire que tu n'es pas assez productif parce que tu ne te repose pas assez…
– Mince, maintenant que tu me le dis... »

La fin de la journée arriva assez vite.
On était vendredi, ce qui voulait dire que ce soir il allait se vider la tête avec ses amis dans un bar local qu'ils connaissaient bien.

Il démarra sa voiture.
Sur le chemin, son portable sonna.

« Rhââ ! Pourquoi les gens m'appellent toujours quand je conduis ?? »

Il décrocha, et activa l'ampli.

« Oui allô ?
– Allô Sam ? C'est Romain ! On se rejoint comme d'hab ?
– Et tu m'appelle pour ça ? Je suis au volant là.
– Ça va Grincheux ! Non, c'était pour te dire que Fred peut pas venir.
– Ah mince ! Pourquoi ?
– Je ne sais pas trop, il m'a juste dit qu'il ne pourrait pas être là ce soir.
– Okay, ben tant pis pour lui ! À tout à l'heure ! »

Il raccrocha.


Briggle : une ville presque normale — Un chercheur sachant chercher (1) Par adrien_s, le 16 Décembre 2013 11:31:33

Tags : briggleStories


Note : Ce texte fait partie d'une histoire plus longue que je rédige au fur et à mesure. Ce billet représente donc en quelque sorte l'introduction. Vous pourrez suivre les épisodes sous le tag briggleStories.
Bonne lecture !

Introduction

« Toc toc toc ! »

Tranquillement affalé dans son canapé, Samuel Ecklat regardait la télé. Il ne prêta pas attention à la porte.

« Toc toc toc ! »

L'incongru visiteur se fit plus insistant.

« C'est bon, j'arrive !
Pas la peine de s'exciter comme ça... »

Sam n'aimait pas être dérangé devant son émission de télé favorite.
Mais il se leva tout de même.
Ça pourrait être un ami, pensa-t-il.

Il ouvrit.
La personne qui était devant lui, sur le pas de la porte était un homme âgé d'environ 35-40 ans, blond avec une moustache et d'épaisses lunettes de myope. Il portait une blouse blanche identique à celle que portent les chimistes qui font des expériences bizarres. En fait, il semblait bizarre.

« Bonjour ! Je suis Nicolas Sabricol, je viens d'emménager dans la rue voisine, là-bas. »

Il montra la rue du doigt.

« Je voulais faire connaissance, je fais le tour du voisinage.
— Vous êtes arrivé quand ? »

grommela Sam.

« Oh, une petite semaine, c'est tout. »

Nicolas vit l'émission de télé que regardait Sam.

« Vous regardez ça ?
— Oui, pourquoi ? Ça vous gêne ? »

Nicolas ne répondit pas, il était surpris par la réponse de Sam, qui semblait passablement énervé.

Sam n'aimait décidément pas être dérangé en pleine émission ; mais ce qu'il aimait encore moins, c'était qu'on la critique. Oui, c'était une émission idiote. C'est justement ce qui rendait ce moment si agréable dans sa fatiguante journée. Il pouvait se reposer, ne plus penser à rien.

Il ajouta :

« Désolé, je voulais pas être rude. C'est mon seul moment de détente de la journée, alors j'ai vraiment besoin de décompresser.
— Oui, je comprends, il faut bien se reposer de temps à autre. Vous faites quoi ? »

Il était opérateur téléphonique dans une grande société de dépannage informatique. Ce n'était pas un métier très agréable, ni très bien payé, mais c'était le sien et il s'en contentait.
À dire vrai, c'était un métier ingrat. Il passait sa journée à aider de parfaits inconnus qui, en retour, passaient leur temps à lui grogner à l'oreille. Parfois même, on l'appelait pour des questions tellements simples qu'il n'en revenait pas. Mais il ne disait rien, il n'avait pas le droit. Il devait apporter son aide, il représentait l'entreprise à l'écoute du client à l'autre bout du fil. Il avait un « fil conducteur », une sorte de papier qui lui disait quoi répondre dans la plupart des cas courants. Mais il arrivait des fois où l'interlocuteur sortait de ce cadre, qui avait été pensé par des bureaucrates autour d'une table dans une salle close, loin de l'utilisateur. Nombre de ses collègues ne savaient pas quoi faire dans de tels cas. Mais lui savait se débrouiller. Il finissait toujours par trouver une solution. Et le client raccrochait, quelquefois content d'avoir appelé, mais du moins jamais sans réponse.

Nicolas entra, et Sam ferma la porte.
Il lui exposa assez rapidement ce qu'il en était.

« Vous êtes dans l'informatique alors ? »

lui demanda Nicolas, intrigué.

« Oui, je suis dans l'informatique. C'est mon travail. Heureusement, j'ai d'autres loisirs. »

Nicolas travaillait chez lui. Il était chercheur, mais ne semblait pas disposé à expliquer dans quel domaine il expérimentait.

« Je travaille dans un domaine assez particulier... Mais je ne peux pas trop en parler. Ça serait dangereux pour mes recherches. »

s'expliquait-il.

Sam était intrigué. Cet homme paraissait en savoir long, mais il ne disait rien. Nicolas l'interrompit dans ses pensées.

« Vous êtes ici depuis longtemps ?
— Depuis quatre ans et demi maintenant. C'est calme ici, j'aime bien la tranquillité du coin. Et les voisins sont sympathiques...
Je ne les vois pas très souvent par contre, vu que je rentre souvent fatigué. »

Ils discutèrent pendant plusieurs heures. Plus ils discutaient, plus ils se trouvaient des points communs. Le temps passait sans qu'ils s'en rendent compte. La nuit tombait.
Au bout d'un moment, Sam finit par se rendre compte qu'il commençait à être tard. Il demanda à Nicolas, gêné, s'ils pouvaient continuer la discussion une autre fois. Nicolas accepta sans problème.

« Désolé, mais demain je me lève tôt…
− Nan, pas de souci, on continuera un autre jour ! »

Nicolas s'en alla. Sam se retrouvai seul. Il avait raté la fin de son émission favorite, mais à la place il avait probablement gagné un ami. Cela en valait certainement la peine.
Tout en repensant à ce qu'ils s'étaient dit, il alla se coucher.
Il ne mit pas longtemps à s'endormir, car il était vraiment épuisé.